2025-12-07

Comment recréer du lien social avec un sans-abri ?

Vous avez envie d’aider, de discuter, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ?
Faire le premier pas peut sembler intimidant, et c’est tout à fait normal.

C’est pourquoi nous vous proposons un petit guide des bonnes pratiques et des conseils simples pour vous aider à sauter le pas.

Comment recréer du lien social avec un sans-abri ? | Dans Ma Rue

→ Etape 1 : Comprendre l’importance du lien social

Le lien social est un besoin vital, essentiel mais trop peu considéré. On y pense peu, mais pour une personne à la rue, être ignorée chaque jour est une violence de plus. Recréer ce lien, ou simplement essayer, c’est déjà un pas important mais également la première étape vers une possible sortie de la rue et de l’exclusion sociale qu’elle entraîne.

C’est pourquoi, recréer ce lien social, ou au moins essayer, est réellement important.

Quelques chiffres pour mieux comprendre (Etudes BVA/Emmaüs) :

→ 65 % des sans-abris vivent seuls

→ 83 % des sans-abris disent ressentir le rejet des passants

Avant d’aller vers quelqu’un, gardez à l’esprit ces quelques principes essentiels : afin que cette expérience ne soit mauvaise ni pour vous, ni pour la personne vers qui vous vous dirigez.

N’attendez aucune reconnaissance. Certaines personnes ne voudront ni parler, ni recevoir d’aide.
Ce n’est pas contre vous — parfois, la rue use tellement qu’il devient difficile de faire confiance ou même d’échanger. Acceptez ces silences avec respect, sans jugement.

Soyez patient. Recréer du lien social avec une personne à la rue peut être long. Il faut savoir laisser le temps nécessaire à la personne pour s’ouvrir, ne pas la brusquer. Revenir souvent et à la même heure/jour peut permettre de créer une routine et de vous faire une place dans le cercle social de la personne. La régularité sur la longueur est la clé pour récréer un véritable lien social.

Ne lui parlez pas de sa situation. Ne posez pas de questions sur la situation personnelle, sauf si la personne en parle d’elle-même. Préférez les échanges simples, comme vous le feriez avec n’importe qui d’autre. Si la personne que vous abordé souhaite le faire, elle le fera. Sa vie est déjà assez difficile à vivre, elle évoque déjà ces sujets avec les assistantes sociales et autres professionnels du milieu. De plus, aborder le sujet pourrait braquer la personne et rendre tout dialogue impossible.

Ne faîtes pas de fausses promesses. Cela ne fait jamais plaisir quand quelqu’un nous fait une promesse et ne la tient pas. Quand on est à la rue, ce genre de déceptions ne fait qu’accentuer le sentiment d’abandon. Évitez de vous engager à faire quelque chose, et si cela arrive, ne rompez, sous aucun prétexte, cet engagement.

Ne pas tout se permettre. Dans la vie, quand on parle pour la première fois avec une personne, il y a certaines règles implicites à respecter : être poli, ne pas se montrer hautain... C'est d'autant plus vrai dans ce cas. Tout se permettre c'est prendre le risque que votre interlocuteur se braque.



→ Etape 2 : Briser la glace. Il faut se mettre en tête qu’au final, parler avec un sans-abri, c’est comme parler à un inconnu, à votre concierge, votre boulanger, les vendeurs sur le marché… Appliquer les mêmes étapes de base que vous utilisez tous les jours.

→ Tout commence par un sourire, afin de montrer que l’on est avenant, ouvert …

→ … et un bonjour, tout simplement.

→ On se présente. Votre prénom est un bon début pour créer une proximité et commencer une relation d’égal à égal. Et un petit « et toi ? », ne fera jamais de mal.

→ Et enfin, vous pouvez entamer une conversation. Rien de bien personnel, juste des sujets vagues que vous abordez déjà avec votre nouveau collègue au bureau pour faire la conversation. Le temps, l’actualité, le quartier …

→ Etape 3 : Laissez-vous porter. La conversation est lancée, le plus dur est fait. Maintenant, c’est le feeling qui vous dira vers où vous dirigez. Les situations et les personnes sont toutes différentes et n’auront pas les mêmes envies et réactions. Certaines personnes ne voudront pas parler trop longtemps, d’autres vont parler, parler, sans s’arrêter. Certaines vont se confier, d’autres vous poser des questions. Restez-vous même, tout en étant ouvert et respectueux, et vous risquez de tirer de cette conversation, tout autant que la personne en face de vous.

En résumé

Créer du lien, ce n’est pas sauver quelqu’un.
C’est juste lui rappeler qu’il ou elle existe aux yeux des autres. Et parfois, c’est déjà énorme.